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Gears of War 3

Auteur : David Ridel

Après avoir brillé dans son combat contre les locustes, Marcus Fenix est de nouveau mis à contribution pour le chapitre final d'un triptyque martial épique. Gears of War 3, volet de clôture émérite ?

Forgé par la douleur.

J'ai donc emprunté les traits de Marcus Fenix, que les deux précédents opus de la trilogie ont déjà bien présenté. Ce soldat de la CGU (Coalition des gouvernements Unis), sergent de la section delta au passé carcéral est donc de retour pour achever son œuvre, et c'est avec plaisir que j'ai piloté le personnage. Humour caustique, langage fleuri, brutalité assumée, j'ai tout retrouvé de l'ensemble dont le retour était si attendu.

Cette aventure, je l'ai vécue avec passion, car Epic Games n'a rien perdu de son savoir-faire, le studio maitrisant toujours les rouages d'une réalisation impeccable. L'action a débuté dès le départ alors que, dans les bottes de Marcus, j'ai appris que mon défunt père n'avait de mort que le statut, que le président Prescott, disparu, était toujours aux commandes, ne fut-ce que d'un groupe désorganisé, et les Lambents ont immédiatement attaqué puis détruit le bateau sur lequel je me trouvais.

Poussé vers le feu de l'action par les événements, j'ai donc suivi les objectifs de missions, qui s'enchainaient naturellement sans le moindre temps mort. L'intensité qui montait crescendo m'a guidé vers le chapitre final. Grandiose, épique, même si la difficulté n'était pas très relevée. Trois ou quatre morts dans l'ensemble de la campagne, dont une parce que je me suis pris les pieds dans le tapis, c'était finalement peu, et ramenait vers le principe de l'expérience interactive plus que vers le jeu vidéo à score.

La trame, soutenue par un sens du rythme et de la mise en scène incontestable, m'a pris aux tripes, d'autant que les développeurs se sont attachés à recentrer l'histoire sur les personnages et leur passé, créant une immersion plus intimiste dans ce tumulte de fin du monde.

Gear of War 3 Screen

Quand qualité rime avec diversité.

Pour servir son propos, Epic Games m'a laissé piocher dans une forêt d'armes conçues pour détruire sans finesse. Mêlant les outils de mort humains et locustes, j'ai pu déchainer les feux de l'enfer sur les créatures qui cherchaient à m'arrêter sans réel succès. J'ai aimé cette diversité que j'ai retrouvée sur un autre aspect de ce Gears of War : le bestiaire. Déjà bien fourni auparavant, les nouvelles têtes affreuses rencontrées sont venues compléter la panoplie de sales trognes déjà connues. Des différences qui nourrissaient les particularités à prendre en compte dans les affrontements, et qui ajoutaient du piment à l'aventure.

En outre, les environnements soignés profitaient du même goût pour la variété, à mon grand plaisir. Toujours aussi crédibles en matière apocalyptique, les terres dévastées que j'ai dû parcourir ne se limitaient pas aux tunnels et autres vastes caves. J'ai eu l'occasion de contempler des décors qui alternaient les architectures et les couleurs, j'ai eu la sensation de vivre une réelle progression. Un autre élément à l'avenant qui s'ajoutait au reste pour former ce que j’appellerai du Grand Art, simplement.

Gear of War 3 screen

Grosse guerre entre amis.

Cette campagne, qui ne souffre d'aucun réel défaut, se poursuit sur le terrain d'Internet, via le contenu multijoueur pharaonique. Zone de guerre, un mode deathmatch à une seule vie, Execution, qui oblige les morts violentes, domination, capture d'un adversaire et prise d'otage (qui remplace ainsi le drapeau), mais également sécurisation de lieux face aux hordes locustes, intégrant des impératifs de jeu d'équipe. Il m'a été proposé d'incarner un agent du CGU (une agréable façon de parler des soldats lourdingues), mais également un locuste. Une bête hideuse. Monstrueuse. Sauvage. Cool.

Le contenu multijoueur a donc de quoi retenir notre attention pour longtemps, d'autant que le soin qui y a été apporté porte ses fruits au regard du résultat.

Puissant, rythmé,  impeccablement réalisé, ce nouveau volet de Gears of War ne fait pas mentir sa réputation. Que l'on aime la bastos entre amis ou les campagnes solo épiques, cet opus sorti des entrailles d'Epic Games a de quoi ravir. Cette exclusivité Xbox 360 fera certainement partie des titres qui font vendre des consoles, et à juste titre. Les développeurs livrant ainsi une conclusion satisfaisante à leur trilogie sans pour autant se fermer les portes à une éventuelle suite, on espère qu'ils mettront sur les rails une autre aventure dans cet univers qu'ils maitrisent parfaitement.

Gears of war 3 est le troisième volet d'une série développée par le studio Epic Games, à qui l'on doit des piliers de la culture vidéoludique tel que Unreal. Entamée en 2006, cette licence est une exclusivité de la Xbox 360 de Microsoft, qui se charge par ailleurs de l'édition de la saga.

FPS Acclamée depuis ses débuts, cette trilogie propose d'incarner Marcus Fenix, un soldat sorti de prison où il était enfermé depuis sa désertion pour sauver son père, pour lutter contre un ennemi redoutable : les locustes. Nommé sergent par fait de guerre, il dirige la section Gears delta de l'armée CGU, qui se retrouve rapidement éparpillée, désorganisée, au point de voir certaines de ses sections rejoindre plus ou moins officiellement les parias, qui refusent la gouvernance du président officiel.

Cet ultime volet, initialement prévu pour avril 2011 et prêt à cette date, avait été repoussé en fin d'année par Microsoft afin de s'intégrer dans une période plus propice aux achats, notamment à l'approche de Noël.

 

David Ridel, journaliste spécialisé dans la SF et le gaming depuis de nombreuses années, réalise pour vous des reportages dangereux en se propulsant dans les mondes virtuels afin d’alimenter le blog Interactif consacré aux jeux vidéo. Chroniques – reportages jouxtent ainsi ses réactions à l’actualité vidéoludique et aux sujets sensibles. Après un passage dans les pages de L'Écran fantastique, il collabore à la rédaction des dossiers de Syfy et au magazine Geek.

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