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Ghost Recon Future Soldier

Auteur : David Ridel

 

Annoncé, repoussé, le nouveau Ghost Recon est enfin arrivé. Dans un genre saturé, avec une pelletée de triple-A en attente chaque année, cette nouvelle itération tient-elle ses promesses ? Le futur est-il vraiment pour maintenant ?

 

On a perdu la première compagnie.

 
Tout débute donc par une opération foireuse, comme les soldats d'élite en connaissent tant dans les productions américaines, d'autant plus avec la griffe Clancy. Celui-ci greffe sur le socle de l'histoire un bain de Russie, et nous voilà dans une œuvre typée, comme on s'y attendait. Cela étant, c'est une belle occasion de voyager aux quatre coins du monde afin de démêler les nœuds de l'embrouille : de l’Amérique latine à la Sibérie en passant par l'Afrique, ce Ghost Recon nous déploie sur de nombreuses scènes d'opérations.
 
Ce n'est pas tant par son impact graphique qu'il brille, car certaines textures sont trop sommaires pour surplomber le genre, que par son ambiance, vraiment réussie. Des bruitages qui claquent, des effets de caméra lorsque les balles sifflent à deux doigts de notre fondement ou de notre tête, tout est parfaitement dosé pour nous plonger dans l'action. Ni trop hollywoodien, ni trop franchouillard, on a envie d'y croire, et les développeurs nous aident à le faire.
 
Ghost Recon
 

Venu, pas vu, j'ai vaincu.

 
La marque de ce Ghost Recon est évidemment la furtivité mise en avant, qui le distingue très nettement des autres TPS. Les jeux du genre sont bien souvent de bons prétextes à l'altercation virile -pour ne pas dire la distribution de plomb et les éructations de tout poil-, et les incitations à la subtilité, de doux rêves servant d'enrobage dissipés sitôt la partie commencée.
 
Ici, tout est mis en œuvre pour que ce mot ne soit pas vain. D'une, certaines missions imposent de ne pas se faire repérer, faute de quoi la mission est considérée comme manquée. Les mécaniques de jeu participent de cet état d'esprit, car après marquage de cibles (via notre propre vision ou celle de notre drone pilotable), on peut faire travailler notre équipe, qui se chargera d'exécuter proprement et en simultané les ennemis marqués. Il est néanmoins indispensable de bien penser les déplacements adverses, car la vue d'un cadavre a une fâcheuse tendance à déclencher l'alerte.
 
Même si certaines phases imposent la discrétion absolue, d'autres nous laissent profiter de quelques moments de bravoure en faisant tomber quelques têtes parmi les bad guys en hurlant la mort. Or, même dans ce cas de figure, le sus à l'ennemi se doit à la prudence : on meurt vite hors du couvert, et sortir la tête de derrière le parpaing est très risqué. On peut certes compter sur la vie qui remonte toute seule en restant à l'abri des projectiles, sur les compagnons qui viennent nous soigner, mais la folie guerrière a ses limites.
 
D'une, parce que le nombre de bobos soignés par nos frères d'armes sont limités. Ensuite, parce que se dissimuler derrière un abri ne résout pas tout : certains prennent feu et explosent au bout d'un temps. D'autres, encore, se brisent à force d'être troués de toute part. On l'aura compris, Ghost Recon Future Soldier donne un vrai sens au concept de furtivité, et donc, à l'unité qu'il propose d'incarner.
 
Le reste de cette unité, par ailleurs, profite d'une I.A vraiment relevée. Nos équipiers savent quand il faut nous prêter main forte, croisent le feu sur les cibles que l'on indique prioritaires, ne se placent pas n'importe comment, ne restent pas coincés dans des configurations improbables. En fait, l'I.A alliée dans cet opus est vraiment une perle.
 

Le futur est sur vos écrans.

 
Le titre annonce la couleur, et ne dément pas le contenu : ici, on est parmi les soldats du futur, messieurs dames. Drone volant-roulant capables de marquer les cibles et envoyer une décharge électromagnétique ; capteurs incrustés dans les casques ; warhound, mécha disposant de missiles et mortiers ; tenues de camouflage visuel de type caméléon -et limitant les mouvements pour bien faire son office-. En bref, du futur, pourtant un brin réaliste, puisque les armées planchent déjà sur ce genre d'attirails. 
 
On peut regretter la disparition d'un lance-roquette qui avait fait bon effet dans le premier magnifique trailer, mais dans l'ensemble, la futurisation du titre est très bien dosée. Encore une fois, ni trop, ni trop peu. C'est si crédible, au fond, que ça passe vraiment tout seul.
 
Ghost Recon
 

Chacun ses armes.

 
Ghost Recon Future Soldier offre une carrière solo plus étoffée que la moyenne. Il faut compter plus d'une dizaine d'heures pour l'achever, ce qui va à l'inverse des productions actuelles, et on ne peut que s'en réjouir. Le temps peut s'étirer avec cette possibilité qu'offre le jeu de suivre la campagne à plusieurs en ligne, de sorte que les partenaires ne soient plus une I.A, aussi réussie soit-elle, mais de vrais amateurs de canons chauffés.
 
Toute bonne chose ayant une fin, la campagne prendra fin. Le multijoueur est là pour prendre la relève, et malgré un mode Guérilla proche à s'y méprendre du mode Horde que les amateurs reconnaîtront, cet épisode de Ghost Recon recèle certaines idées très attirantes, sur le papier comme manette en main.
 
Passons sur la création de personnage parmi trois classes, classique. Les modes, en revanche, proposent plus de nouveautés. Il en va ainsi du mode à triple objectif, dont deux feront office de diversions, le troisième étant réellement visé. Bien évidemment, le tiercé gagnant est déterminé aléatoirement, et uniquement sous contrôle de la machine. Plutôt tripant. 
 

Au final...

 
Ghost recon Future Soldier tient amplement ses promesses. Un TPS qui ne donne pas dans la surenchère, qui préfère miser avec sincérité sur l'alchimie délicate entre action et discrétion. Le scénario est effectivement peu original, les textures auraient pu être plus détaillées, mais le plaisir de jeu ne se trouve absolument pas altéré par ces deux points faibles, somme toute très modérés. 
 
Ghost recon Future Soldier vous met dans la peau d'un soldat d'élite, bardé d'un équipement à vous faire frétiller de plaisir, un vrai barbouze qui sort de nulle part pour abattre froidement les ennemis du monde (parce qu'il faut au moins ça). Le tout, dans le bruissement délicat de feuilles agitées par un vent de printemps. Pour la touche poétique. Bref, c'est du bon.
 

Le cinéma s'approche doucement.

 
En marge du jeu, notons qu'Ubisoft, le regard toujours tourné vers le septième art pour compléter son ambition transmédia, a réalisé un court-métrage dans l'univers de Ghost Recon.
 
 
Ghost Recon Alpha, puisque c'est le nom dont il a été gratifié, en plus de nous plonger doucement dans le cadre et d'avoir été diffusé par W9 une exclusivité mondiale, est le témoin d'une approche relativement maîtrisée. 23 minutes de visionnage bien investies. On a envie d'en voir davantage !

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David Ridel, journaliste spécialisé dans la SF et le gaming depuis de nombreuses années, réalise pour vous des reportages dangereux en se propulsant dans les mondes virtuels afin d’alimenter le blog Interactif consacré aux jeux vidéo. Chroniques – reportages jouxtent ainsi ses réactions à l’actualité vidéoludique et aux sujets sensibles. Après un passage dans les pages de L'Écran fantastique, il collabore à la rédaction des dossiers de Syfy et au magazine Geek.

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