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Max Payne 3

Auteur : David Ridel

 

Max Payne nous revient enfin, après quasiment une décennie d'attente. Notre super flic dépressif n'apparaît pas en super forme, et pourtant, le vieux en a encore sous le coude. Alcool, antidouleurs et chaleur étouffante d'une région chaude sous plus d'un angle, James Ellroy lui-même en aurait rêvé.

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C'est à São Paulo, au Brésil, que l'on retrouve notre bon Max. Afin d'oublier, ou plutôt noyer, son passé troublé, il a trouvé un métier simple en apparence. Grâce à l'entremise d'un ami, Raul Passos, il a été engagé par une famille riche pour préserver la femme du patriarche qui ne court pas grand risque dans son environnement surprotégé. À la clé, un salaire correct et peu d'ennuis à l'horizon. Évidemment, rien ne se passe comme prévu, et le penchant furieusement alcoolique de Max conduit à l'enlèvement de l'épouse convoitée. C'est le départ d'une histoire qui, on s'en doute, devrait laisser quelques marques.

Max Payne 3 testé par David Ridel, sur son blog Interactif

Manger – bouger, faut l'faire !

Malgré l'embonpoint de notre Bruce Willis vidéoludique toujours aussi charismatique, il sait encore faire front. On retrouve très vite quelques fondamentaux de la série, qui malgré quelques blasphèmes, n'en restent pas moins diablement jouissifs. Le canonique Bullet Time est toujours là, participant d'une dynamique d'action qui nous fait entrer de plain-pied dans l'hollywoodien.

Désormais, il faut s'y faire, un seul bouton suffit à planquer Max derrière les abris de fortune, souvent destructibles. Attention donc à ne pas nous reposer sur nos lauriers, faute de quoi les ennemis pourraient bien en faire du petit bois avant de nous trouver la peau. D'autant que, fidèle à ses aînés, cet opus pardonne peu les erreurs. Max meurt vite sous le feu ennemi. Nous sommes donc forcés de courir entre les abris, jouer du bullet time et du saut téméraire pour venir à bout d'une palanquée de gus pas très futés mais foutrement nombreux.

Les antidouleurs que Max s'envoie comme des cachous n'ont pas pour seul effet de le rendre dépendant : ils lui sauvent également la vie. Récupérables dans les niveaux, ils redonnent de la santé lorsqu'on les absorbe volontairement ou, lorsque mortellement touché, on parvient à tuer notre meurtrier potentiel dans un court laps de temps. L'un de ces cachets est alors consommé automatiquement, regonflant notre jauge vitale.

Avec cet ensemble, on obtient un gameplay très dynamique, une exigence qui sent bon le old school en difficulté normale, et un Max Payne très attractif manette en main.

Max Payne 3 testé par David Ridel, sur son blog Interactif

São Paulo Confidential.

Max Payne est bavard, on l'a toujours su. Celui-ci l'est encore davantage. Pour un bien, cela va de soi, dès lors qu'on aime les histoires. Sombres et violentes, les histoires. De très nombreuses séquences cinématiques, dans lesquelles s'incrustent les parties de gameplay, émaillent le jeu. La VO n'a rien perdu de son efficacité, et si ce n'est des sous-titres trop petits et trop bas sur l'écran, c'est un vrai plaisir à vivre. Comme si les images ne suffisaient pas, la voix blasée du flic dépressif en rajoute souvent une couche pour nous expliquer à quel point, en fait, tout est pire qu'il n'y paraît, dans un monde ravagé par la corruption de la nature humaine.

Dans le giron d'un polar du maître Ellroy, déplacé entre l’Amérique latine et New York pour l'occasion, on sent que tout va de mal en pis. Une descente aux enfers dans laquelle Max Payne est emporté sans pouvoir freiner les événements, mais qui nous ravit. La mise en scène est à cette fin particulièrement soignée, et les graphismes de bonne qualité lui donnent des bons points.

Max Payne 3 testé par David Ridel, sur son blog Interactif

Grosse galère entre amis.

La partie solo, achevée en une bonne douzaine d'heures si vous n'avez pas les deux flingues dans le même sabot, laisse libre cours à la partie multijoueur, véritable nouveauté de cette itération. Même si on s'en serait finalement bien passé, Rockstar a bien fait les choses.

Entre les pouvoirs / bonus mis à disposition, le deathmatch solo ou en équipe, lorsqu'il ne s'agit pas d'opposer Raul et Max à une horde de joueurs la bave aux lèvres, il y a de quoi satisfaire le plus grand nombre. Si ce n'est ces modes dans lesquels les équipes ne sont pas égales, il n'y a guère de grande nouveauté dans ce multijoueur, mais ce qui s'y trouve ne déçoit pas.

Les grands retours ont été relativement nombreux ces dernières années, bien souvent décevants. Max Payne, lui, réussit un come back aux petits oignons, comme on aimerait en voir davantage. À tout amateur de bonnes histoires de flics, de gunfights nerveux et d'exigences de jeu, Max Payne 3 est, en un mot, incontournable.

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David Ridel, journaliste spécialisé dans la SF et le gaming depuis de nombreuses années, réalise pour vous des reportages dangereux en se propulsant dans les mondes virtuels afin d’alimenter le blog Interactif consacré aux jeux vidéo. Chroniques – reportages jouxtent ainsi ses réactions à l’actualité vidéoludique et aux sujets sensibles. Après un passage dans les pages de L'Écran fantastique, il collabore à la rédaction des dossiers de Syfy et au magazine Geek.

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