Le Nécronomicon


Coffret collector d’Evil Dead 2, Sam Raimi, 1987

 

Le Necronomicon est un livre fictif né de l’imagination de l’auteur américain Howard Phillips Lovecraft. Mentionné pour la première fois en 1922, il gagna en renommée à force d’être cité, au point que certains se questionnèrent sur son existence réelle. D’autres en firent une source d’inspiration pour leurs propres œuvres, rendant l’ouvrage plus fameux que son créateur... auquel il a décidément échappé.

Du vivant d’H. P. Lovecraft, des lecteurs l’interrogeaient déjà sur la réalité des grimoires maudits évoqués dans ses œuvres, ce que l’écrivain démentait énergiquement. Mais, tout en assurant leur caractère fictif et ses propres convictions matérialistes, en auteur consciencieux, Lovecraft multipliait les indices de réalisme dans ses récits. Il faut croire que l’artifice fonctionna trop bien.

Après la mort de Lovecraft, August Derleth fonda en 1939 une maison d’édition du nom d’Arkham House afin de faire connaître ses écrits. Le succès de l’œuvre de Lovercraft allant désormais croissant, le grand public devint familier de son panthéon: Cthulhu, Yog-Sothoth, Dagon, Azathoth et surtout le Necronomicon qui devint le plus célèbre de ses faux grimoires. La confusion s’accrut lorsque des ouvrages portant ce titre (dont certains se présentaient comme authentiques) virent le jour sous la plume d’auteurs soucieux de rendre hommage à l’écrivain... ou motivés par l’appât du gain.

Aujourd’hui, de nombreuses personnes continuent de chercher le «vrai» Necronomicon, tandis que des artistes se sont emparés du mythe pour le réinvestir de façon personnelle. Des chimères d’autant plus aisées à façonner que, dans l’œuvre de Lovecraft, le Necronomicon n’a quasiment jamais existé que sous la forme d’un titre.