Le réalisme magique latino-américain


Santa Sangre, Alejandro Jodorowsky, 1989

 

Genre littéraire s’étant développé durant les années 60 en Amérique du Sud, le réalisme magique a donné ses lettres de noblesse à la littérature des pays latino-américains, grâce au succès international d’auteurs tels que Julio Cortázar ou Gabriel Garcia Marquez. Tissant étroitement naturalisme et merveilleux, le réalisme magique s’applique à peindre une réalité transfigurée par la magie.

Née sous la plume d’un critique d’art allemand et réinterprétée au filtre de la culture latino-américaine qui en fera un genre mondialement populaire, la notion de réalisme magique pose aujourd’hui encore d’importants problèmes de définition. Se situant quelque part à la croisée du fantastique, du merveilleux, du surréalisme et du naturalisme, le genre interroge notre relation au réel et à l’imaginaire : la fiction est-elle un moyen d’évasion de la réalité ou un détour pour aller paradoxalement au plus près de son essence ?

Si les critiques n’ont pas su trancher au point que le réalisme magique suscite toujours des débats animés dans les cercles littéraires, peut-être est-ce parce qu’au-delà du genre, la problématique posée ici est celle de la création artistique elle-même, prétendant atteindre une vérité – sociale, métaphysique ou subjective – au moyen d’un mensonge : l’artifice du langage ou de l’image.