William Gibson

Auteur incontournable du genre cyberpunk, William Gibson est également co-auteur de La Machine à différences, œuvre centrale du steampunk. Pour lui, le futur est multiple, mais quel que soit l’angle où il l’envisage, sa vision est toujours d’une pertinence brillante…
C’est en 1948 que William Gibson pousse ses premiers hurlements, à Conway en Caroline du Sud. Il vécut son premier drame à l’âge de 6 ans, son père décédant d’un stupide accident respiratoire. William déménage alors avec sa mère en Virginie. Cette dernière supporte d’ailleurs si mal sa situation de mère veuve qu’elle place William en pension, incapable de le gérer elle-même. Il décrira plus tard l’environnement de son enfance comme « très sudiste, très religieux, très traditionnel et très blanc. Cet univers fermé aux influences extérieures était oppressant, voire fantasmatique : il était irréel ».
Malheureusement, la mère du jeune homme trouve la mort 3 ans après son placement, en 1966. William est alors orphelin à seulement 18 ans. Après avoir passé son enfance et son adolescence à se réfugier dans la lecture pour échapper à son quotidien sordide, il doit désormais entrer de plain-pied dans la réalité. C’est ce qu’il fait en survivant grâce à la vente de babioles, puis en fuyant les États-Unis pour ne pas être enrôlé dans la guerre du Vietnam.
En 1977, ses études reprises au Canada s’achèvent et il doit de nouveau retrouver le monde du travail. Cependant, M. Gibson n’est pas un citoyen ordinaire. Bercé par les lignes de romans de SF, les idées subversives de la contre-culture et du punk, la vie de bureau ne l’enthousiasme pas le moins du monde. Il décide donc de devenir écrivain.
Comme bien des auteurs brillants, ses pages sont un livre ouvert sur ses douleurs, ses peurs, ce qui a fait chavirer sa vie. Sa plume est noire, désabusée, pessimiste, et le capitalisme dominant de son pays d’origine y est épinglé avec une acidité sans concession. Le rêve américain y est méthodiquement dépecé, William Gibson s’attachant par ses écrits futuristes à détacher les couches de vernis du présent afin de faire ressortir la véritable nature des choses.





