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Gérardmer 2017 : Under the Shadow de Babak Anvari remporte le prix du Jury Syfy

Le Jurt Syfy a couronné un film d'horreur qui est tout sauf inconnu.

Under the Shadow du réalisateur anglo-iranien Babak Anvari remporte le Prix du Jury Syfy au Festival de Gérardmer 2017. Un film d'horreur étonnant où Babak Anvari laisse filtrer des réminiscences de sa jeunesse comme autant de cauchemards persistents.

En 1988, à Téhéran, près de dix ans après la Révolution irannienne et huit ans d'une guerre d'usure meurtrière contre l'Irak, une mère et sa fille sont tourmentées dans leur propre appartement par un esprit maléfique. Fantasme ? Réalité ?Difficile de ne pas y voir les affres de l'Histoire. La bande annonce :

 

Le film a été tourné en Jordanie. Il a déjà fait forte impression dans les Festivals indépendants de par le monde, notament à Neuchâtel, à Sundance ou aux National Film Awards en Grande-Bretagne (8 nominations), où habite Babak Anvari (il a étudié le cinéma à l'Universtié de Westminster). 

Le pitch

Alors que son mari médecin Iraj (Bobby Naderi) est appelé par l'armée, Shideh (Narges Rashidi) se retrouve seule avec leur fille de 6 ans, Dorsa (Avin Manshadi), dans leur appartement de Téhéran, au sein d'un immeuble que fuient progressivement tous ses voisins, devant les attaques aériennes. 

Dehors, la Loi de la Révolution est dure. Iraj et Sideh ne militaient pas dans le bon groupe. En conséquence Iraj rejoint une zone difficile du front, et Shideh se voit refuser la poursuite de ses études de médecine. Elle cache posséder un magnétoscope et des cassettes d'aerobic de Jane Fonda, et ne sort pas sans se couvrir entièrement.

Doras developpe une psychologie teintée par la peur. Surtout depuis qu'un jeune voisin, un lointain cousin, lui parle des jinns, les démons de la culture irannienne,  qui sont réputés voyager avec le vent. Un jour un missile atteint son immeuble et fait beaucoup de dégats, mais n'explose pas. Le comportement de Dorsa commence à changer...
 

Enfance

Pour Babak Anvari, son film est très concret et personnel. Il raconte au journal TheGuardian  : « Je me réveille criant après quelqu'un, dans la coin de la chambre. Je sens sa présence, j'en suis absolument convaincu. Cela me prend 30 secondes pour réaliser que nous sommes seuls. Ma copine est très patiente, mais cela la rend dingue». Il continue : « Mon frère et moi avons grandi en ayant peur de tout le monde et de tout ». Ambiance.

C'est un peu le film qui est venu à sa rencontre, et non l'inverse  : « Pour être honnête, quand j'ai commencé à écrire Under the Shadow, c'était vraiment très drôle. Je ne pensais pas en faire un film de genre ou d'horreur. Mais plus je structurais l'histoire, plus je réalisais que ça en prennait la route. Vous pouvez le voir comme un film d'horreur, ou comme un thriller psychologique...  c'est très ambigu, dans ce sens », dit-il.  « L'Iran des années 80 (...) pendant la guerre (...) après la Révolution,  était une époque intense. C'est pourquoi j'ai choisi la route de l'horreur, parce que je pensais que c'était le moment parfait pour, en quelque sorte, une histoire d'horreur intense ». 

Dans le rôle titre Narges Rashidi habite en Allemagne et a appris l'Art dramatique à Berlin. En 2007 elle remporte le prix de la meilleure révélation féminine au Festival du film independant de New York  pour A2Z, du réalisateur iranien «maximaliste», Daryush Shokof. 

Under the Shadow est disponible en SVOD.

 

Image : Under the Shadow, détail de l'affiche / DR.