News /

Les Chroniques de Shannara : la saison 1 décryptée par les créateurs de la série

Les créateurs Miles Millar et Al Gough ont livré leurs impressions et nous préparent à la fin de la saison 1 des Chroniques de Shannara. Garantie zéro spoiler.

Auteur: Paul Vogel


Quel personnage a été le plus difficile à caster ? Pourquoi commencer par adapter le tome 2 ? Comment faire une série de fantasy face à l'influence de Game Of Thrones ? 

A l'occasion de la fin de la saison 1 des Chroniques de Shannara, le duo Miles Millar/Al Gough s'est livré au jeu des interviews pour évoquer l'adaptation des Pierres elfiques à la télévision : les défis qu'il fallait relever, la conclusion de la première saison et, dans le meilleur des mondes, leur désir de se rapprocher de Game Of Thrones en termes de réalisme visuel. 

 

Créateurs de la série Smallville, que vous pouvez retrouver chaque jour à 17h20 sur Syfy, les deux scénaristes travaillaient également sur la série Into The Badlands sur AMC pendant la production de Shannara. Un concours de circonstances qu'ils n'avaient visiblement pas anticipé. En contrepartie, il leur fallait ainsi alterner entre le tournage de Shannara en Nouvelle-Zélande, puis d'Into The Badlands à la Nouvelle-Orléans. Une logistique qui n'était pas de tout repos...

Miles Millar : «Nous sommes très pointilleux sur les détails et les deux séries reposent sur un univers en construction. Avec Shannara, nous ne voulions pas tomber dans le cliché médiéval en termes de garde-robes et de décors. (…) Le public a faim de quelque chose de different. Avec le binge-watching, il leur faut du contenu intéressant afin d’être divertis. Beaucoup de séries sont sombres, alors nous voulions dévier de ce cliché facile et de ce que les gens font actuellement. Les spectateurs veulent être immergés dans un monde et s’y perdre.»

Al Gough : «En matière de production, Shannara tournait comme une horloge car nous étions en Nouvelle-Zélande, avec des équipes qui ont toujours eu un pied dans la fantasy, et ces lieux sont très accessibles. Nous voulions créer un monde tactile, qu’on peut sentir, même si ce monde n’existe que grâce aux images de synthèse.»

Narnia, Le Seigneur des Anneaux, Le Hobbit...autant de «monstres» de fantasy tournée en Nouvelle-Zélande. Le choix s'est donc imposé de lui-même pour donner vie aux Quatre terres de Terry Brooks. A la manière de G.R.R. Martin sur Game Of Thrones (dont voici le dernier teaser), l'auteur de la saga de Shannara reste impliqué sur l'adaptation tout en laissant une large liberté de manoeuvre aux scénaristes. Une question que nous sommes donc en droit de nous poser : Millar et Gough ont-ils lu les livres ?

Miles Millar : «Nous étions familiers avec l’œuvre de Terry Brooks mais nous n’avions pas lu les livres de Shannara. Alors on a alors reçu le second livre et nous avons adoré l’histoire et les personnages. Nous avons pensé que ça ferait une saison très forte, et on s’est dit : “quelqu’un va adapter ça, alors pourquoi pas nous ?” C’était la décision de Terry de commencer avec les Pierres elfiques. Il pensait que c’était l’histoire la plus forte. Nous n’avons lu le premier livre que bien plus tard, après avoir lu les Pierres elfiques comme un livre plus indépendant. Chaque livre porte sur une génération, je pense que c’était un très bon choix.»

Les Chroniques de Shannara

Pour accéder au lexique de Shannara : par ici

Et la chronologie des évènements de la saga, c'est par ici.

Tout au long de la diffusion, la comparaison avec Game Of Thrones quitte rarement les lèvres des spectateurs, familiers ou non avec l'oeuvre de Terry Brooks : un style opposé, deux visions du monde bien distinctes et des ambitions différentes, certes. Mais l'une et l'autre restent des oeuvres de fantasy au sens large du terme, adaptations télévisées de longues sagas qui tentent du mieux possible d'atteindre une qualité cinématographique. En 2016, une série de fantasy peut-elle vivre dans l'ombre de Game Of Thrones tout en proposant de la fantasy de qualité ?

Miles Millar : «C’est un sacré défi car nous n’avons qu’une fraction du budget de Game Of Thrones. La qualité est cinématographique et on essaie de se raccrocher comme on peut de celle de Game Of Thrones. C’est notre ambition, et j’espère que les gens seront réceptifs à cet aspect cinématographique. (...) Le défi, c’est que Shannara a 15 batailles épiques avec de grosses armées, et c’est quelque chose qu’on ne peut pas faire avec un budget télé. Même Game of Thrones ne peut pas le faire. Il faut toujours trouver une astuce. Dans notre première saison, nous avons donc explorer les frontières de ce que notre série peut faire en termes d’histoire, de ce qui marche et de ce qui ne marche pas.»

En d'autres termes, se recentrer sur les personnages et leurs dilemmes. Pour les modifications à l'égard du livre, Terry Brooks a toujours donné son feu vert, et dans certains cas, s'est même dit qu'il aurait aimé y penser au moment d'écrire les livres ! Au terme de cette saison 1, les suffrages sont donc unanimes quant aux choix des acteurs pour incarner Amberle, Wil et Eretria. Comment s'est donc déroulé le casting ?

Al Gough : «Nous avons passé six mois sur le casting, tout comme pour Smallville. On a cherché dans le monde entier et Poppy Drayton a été la première à nous rejoindre. Elle était ce talent rare au Royaume-Uni qui avait joué dans un arc de Downton Abbey. J’étais un fan d’Austin Butler dans The Carrie Diaries. Il est venu auditionner pour Into The Badlands pour le rôle de Ryder, et je me suis dit qu’il était un très bon acteur. Nous l’avons appelé pour lui dire : “on a déjà un gars pour ce rôle, mais on a une autre série dans laquelle tu serais parfait”. Eretria était le rôle le plus difficile. Il y a toujours un rôle qui est casté à la dernière minute. Pour Smallville, Lex Luthor a été casté deux semaines avant le début. Pour Shannara, c’était Ivana.»

Miles Millar : «Nous sommes de grands fans du Labyrinthe de Pan, et elle est arrivée puis elle a eu cette incroyable alchimie avec Austin. Le genre d’alchimie qui rend nos vies bien plus simples.»

La saison 1 des Chroniques de Shannara se termine mardi 8 mars avec la diffusion de l'épisode 10 sur Syfy. Que faut-il atteindre de cet ultime épisode et peut-on espérer une saison 2 ?

Al Gough : «Il y a certainement une impression de conclusion, mais les portes sont ouvertes à d’autres saisons.»

Miles Millar : «Cette saison tient sur elle-même avec cette fin fantastique très audacieuse pour conclure la saison. Mais elle ouvre également à d’autres saisons car beaucoup de personnes seront en péril…»

Al Gough : «C’est un équilibre délicat car on voulait que ce soit satisfaisant, pas arriver à une fin sans avoir le sentiment d’être à la fin.»

Miles Millar : «Il faut avoir du cran, prendre des risques et suivre son instinct. Cette saison de Shannara est si épique et émotionnelle. C’est à fendre le cœur, et on y trouve tout ce qu’on attend dans un finale.»

 

 

Retrouvez également l'interview des deux créateurs de la série faite peu avant la diffusion de Shannara  en cliquant ici.

Les mots de Miles Millar et Al Gough sont tirés de diverses sources, dont :
Collider et AssignementX

 


Tags: Les Chroniques de Shannara   Les Chroniques de Shannara saison 1   Miles Millar   Al Gough   Austin Butler   Poppy Drayton   Ivana Baquero  


Commentaires