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Notre atmosphère s'étend vers la Lune... au delà

La découverte qui fait voir le ciel différemment.

La couche supérieure de l'atmosphere Terrestre

Auteur: Elizabeth Rayne


Les ciels bleus que l'on voit depuis la terre ferme ne sont pas ce qu'un astronaute verrait depuis la Lune, car quelque chose qui vient de notre planète s'étend dans l’obscurité de l'espace. On ne peut le voir, mais c'est là.
Une étude récente jette un nouvel éclairage grâce aux observations faites par l'ESA et la NASA depuis l'observatoire solaire et héliosphérique SOHO (qui se trouve dans l'espace, NDT), et qui révèle que la couche gazeuse qui est notre atmosphère s'étend si loin que la Lune, réellement, la traverse.

La géocouronne terrestre (la couche la plus externe de notre atmosphère et la plus lumineuse, NDT), ce nuage d’atomes d’hydrogène qui se fond dans l’espace, s'étend sur un peu plus de 630 000 kilomètres. C'est 50 fois le diamètre de la Terre. SOHO a utilisé des capteurs hypersensibles pour son instrument d'analyse SWAN, pour traquer l’hydrogène et déterminer à jusqu'à quelle distance notre atmosphère s’étend.

« C'est particulièrement intéressant en général pour rechercher des planètes au-delà de notre système solaire qui aurait potentiellement de l'eau », déclare Jean-Loup Bertaux, co-auteur de l'étude et ancien  chercheur principal du SWAN.

Les autres planètes de notre système solaire dont les exosphères contiennent de l'hydrogène (Mars et Vénus) présentent ainsi de la vapeur d'eau au plus près de leur surface.

Quand Apollo 16 a atterri sur la surface lunaire en 1972, le premier télescope apporté par les astronautes sur la Lune n'avait permis que de décrire une image fantaisiste de notre géocouronne. Les astronautes ne savaient tout simplement qu'ils se tenait à l'intérieur de celle-ci.

Le SWAN a pu détecter des atomes d'hydrogène en cherchant une longueur d'onde particulière de la lumière ultraviolette qui est absorbée par l'atmosphère terrestre (la longueur d'onde Lyman-alpha, qui se créée lorsque l'électron d'un atome d'hydrogène tombe sur une orbite très éloignée du noyau, est abosrbée et émise par l'atome). La cellule du SWAN qui absorbe l'hydrogène est capable de séparer la lumière Lyman-alpha provenant de la géocouronne de tout ce qui flotte autour d'elle.

Conséquences

Les observations ont révélé que les atomes d’hydrogène de la géocouronne situés du côté de la Terre sont comprimés par la lumière du soleil, et que ce même rayonnement solaire augmente la densité de ces atomes dans la zone située du côté obscur (nocturne) de la Terre. Les rayons UV frappant la Lune ne sont pas suffisamment intenses pour blesser les astronautes que la NASA souhaiterait envoyer sur la Lune d’ici 2028.

« Il y a aussi un rayonnement ultraviolet venant de à la géocouronne terrestre, car les atomes d'hydrogène dispersent la lumière du soleil dans toutes les directions. Mais l'impact sur des astronautes en orbite lunaire est négligeable par rapport à la principale source de rayonnement, le Soleil », explique Jean-Loup Bertaux.

Ceux qui ont réellement de quoi s'inquiéter de la découverte sont les astronomes et leur télescopes, car la géocouronne pourrait gêner beaucoup plus que prévu les télescopes spatiaux observant les étoiles et les galaxies à des longueurs d'onde ultraviolettes. Les lectures qu'ils font, notamment de la composition chimique de des objets cosmiques, pourrait être faussée.

La prochaine fois que des astronautes se poseront sur la Lune, nous serons tous sous la même géocouronne. À méditer la prochaine fois que vous leverez les yeux !

 

Source : Elizabeth Rayne pour SYFY, via l'ESA. Traduit et adapté de l'américain.
Image : Top of Atmosphere par le NASA Earth Observatory / Domaine public / Wikimedia Commons


Tags: Astronomie  


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