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Dracula de Coppola : une version aussi éternelle que le roman

En cette aube des années 90, c’est un Coppola toujours exsangue financièrement qui plantait ses crocs dans la veine vampirique. Encore débiteur à millions suite au désastre abyssal du musical Coup de coeur, sorti en 1982, le réalisateur d’Apocalypse Now et du Parrain enchaînait depuis les films de commande, mais c’est bien ce Dracula plus opératique-tu-meurs qui injectera enfin du sang neuf à ses finances et à un mythe alors en pleine désuétude. 

Auteur: La rédaction


 

Le cabotinage outrancier d’Oldman

Premier constant en revoyant le film : que d’inspiration ! Festival d’effets spéciaux au sens strict (tous réalisés en plateau, sans aucune image de synthèse), cette réinterprétation baroque et steampunk adapte à la fois très fidèlement la trame du roman de Stoker tout en le plongeant dans un bain de folie, d’excès et de sensualité jamais vus jusqu’alors. Pour un Keanu Reeves un peu falot en Jonathan Harker, on se régale du cabotinage outrancier assumé d’Anthony Hopkins en Van Helsing, de Winona Ryder en Mina (la fiancée ultra-victorienne de Harker) et, bien sûr, de Gary Oldman, sans filtre en terrifiant mais attirant prince des ténèbres. 

L’ombre de Murnau

Habituellement plutôt prude, Coppola signe ici son œuvre la plus érotique, palpitant au rythme du désir et de l’amour de Vlad l’empaleur pour sa fiancée perdue Elisabeta puis pour Mina, qu’il choisit comme réincarnation de sa bien-aimée. Ça crie, ça saigne, ça vocifère, ça copule, le tout sur fond de chœurs et violons apocalyptiques orchestrés par le légendaire compositeur polonais Wojciech Kilar. Hommage à cet expressionnisme allemand chéri par Coppola (l’ombre du Dracula de Murnau plane ici en permanence), ce spectacle païen flirte souvent avec le grotesque mais n’y sombre jamais pour, au final, graver en lettres de sang une date majeure dans l’Histoire du célèbre comte à l’écran. Un conseil, même si vous connaissez ce film flamboyant par cœur, ne ratez sous aucun prétexte la chance unique de le voir sur grand écran pour sa ressortie cinéma.

Déjà en salles


Tags: Dracula   Francis Ford Coppola   Gary Oldman   Bram Stoker  


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