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Dracula : les créateurs de Sherlock tiennent-ils leurs promesses ?

Steven Moffat et Mark Gatiss, le duo qui a réinventé Sherlock Holmes, s’attaque au mythe de Dracula. Si sur le papier, l’équation s’avérait intéressante, qu’en est-il du résultat final ?

Auteur: Piero


Tout le monde connaît la légende du Comte Dracula. Adapté à de nombreuses reprises, le roman de Bram Stoker revient sous forme de série TV. Netflix propose depuis quelques jours les trois épisodes diffusés sur la BBC début janvier. À la fois dramatique, gore, terrifiante, majestueuse, avec de petites pointes d’humour, Dracula fait tout pour ratisser un public large (la série reste malgré tout interdite au moins de 16 ans). Elle en fait même parfois un peu trop…

1897, Transylvanie, la demeure du Comte Dracula (Claes Bang, The Affair), le prince des vampires. Sa soif de sang et de pouvoir va le confronter à une nonne : la sœur Agatha (Dolly Wells). De là va découler un jeu du chat et de la souris entre les deux protagonistes. Une sorte de fascination maladive l’un envers l’autre qui sert de fil rouge tout au long de ces trois épisodes. C’est un peu court me direz-vous ? Oui, mais c’est un format anglais, soit trois fois 90 minutes (environ six épisodes d’une série standard). On y retrouve tous les éléments du roman original : personnages (Harker, Lucy) et lieux (Transylvanie, le Demeter, Londres)… mais le tout avec des retournements de situation dont les deux showrunners ont le secret.

 

https://twitter.com/BBCOne/status/1213777159896080385

 

SANG COMPLEXE

Moffat et Gatiss n’en sont pas à leur coup d’essai. Ils ont fait mouche avec Sherlock, une modernisation des aventures du plus grand détective de la littérature. Leur réinterprétation de Dracula était donc attendue au tournant. Ils mélangent les styles et les atmosphères pour créer une série à la fois fidèle et atypique. Trois épisodes pour trois lieux bien distincts, qui sont tous en lien avec le roman original. Dracula reste, cependant, l’élément principal. Car oui, le prince des vampires occupe constamment l’écran. Incarné à la perfection par Claes Bang, il fascine. Tout comme le vampire, l’acteur hypnotise son public. La série jouant sur l’aspect gore à outrance, il faut parfois avec l’estomac bien accroché. Mais rassurez-vous, il ne s’agit pas ici seulement d’une suite de scènes de plus en plus horribles. L’horreur est disséminée de temps en temps… souvent quand on ne s’y attend pas. 

Mais la série est-elle sans faille ? Pas exactement. Si elle s’inspire du roman de Stoker, elle se permet des libertés dans l’épisode final qui en décontenanceront plus d’un. À la fois surprenant et inachevé, cet ultime volet ne va pas au bout de l’idée de départ. Voulant lorgner sur Sherlock, les créateurs se loupent dans le dernier épisode, à cause d’un twist qui les dessert. Fini l’aspect baroque des premières minutes et on finit par se lasser. L’effet de lassitude est peut-être également dû au format long auquel le public n’est plus habitué aujourd’hui. Réussissant malgré tout à se démarquer des précédentes adaptations par son traitement audacieux du matériau d’origine et sa qualité d’écriture, la série mérite cependant amplement d’être vue, que l’on soit fan ou non du mythe Dracula.

 

Photos : © Netflix / BBC

 


Tags: Dracula   Claes Bang   Agatha   Dolly Wells   Bram Stocker   Steven Moffat   Mark Gatiss   BBC   Sherlock  


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