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La NASA veut réaliser le voyage spatial en hibernation

Le « sommeil hypothermique » présenterait beaucoup d'avantages.

Edwin « Buzz » Aldrin, pilote du module lunaire, mission Apollo 11, 1969.

Auteur: Elizabeth Rayne


C'était plutôt cool de voir Ripley et toute l'équipe du Nostromo émerger de leurs cocons cryogéniques et de leur « cryosleep » dans Alien. Et bien cet artifice classique de la science fiction pourrait bien devenir une réalité.

La NASA et SpaceWorks Enterprises développent actuellement une « chambre de stase » (« stasis chamber » collective, par opposition à des capsules individuelles comme celles d'Alien), qui pourrait créer un état de torpeur prolongée, soit une inactivité du métabolisme provoquée par l'abaissement de la température corporelle, jusqu'au stade d'hypothermie légère. Cela permettrait aux astronautes de rester en sommeil pendant au moins deux semaines durant les missions les plus longues. Contrairement au film où tout l'équipage hiberne jusqu'à ce que le vaisseau arrive à destination, l'équipage effectuerait une rotation pour qu'il y ait toujours quelqu'un de conscient, au cas où quelque chose tournerait mal.

SpaceWorks définit l'objectif sur son site web : « placer l'équipage et les passagers dans un état hypothermique prolongé pendant les phases de transit (sortie et retour sur Terre) pour réduire significativement la masse, la puissance, le volume habitable et les défis médicaux associés à l'exploration spatiale de longue durée ».

Cette technologie digne de la science-fiction est basée sur la technique médicale émergente de l'hypothermie thérapeutique (TH). La température du corps des astronautes est progressivement abaissée à 32 degrés Celsius (La température corporelle normale moyenne est de 37,5° NDT), et ils sont parallèlement endormis pour ne pas prendre conscience du froid. Cette hypothermie artificielle qui suspend presque le métabolisme semble être une technique dangereuse, mais elle pourrait bien au contraire palier aux dommages potentiels sur les tissus corporels (hypoxie). Une telle chambre empêcherait également les effets secondaires néfastes de l'exposition à la microgravité, et maintiendrait à distance les rayonnements destructeurs présents dans l'espace.

Pendant ce sommeil hypothermique, les astronautes recevraient de la Nutrition Parentérale Totale (TPN) par voie intraveineuse à l'aide d'un cathéter, alors que d'autres cathéters seraient utilisés pour l'élimination des déchets. On vous laisse imaginer.
La NASA note également des avantages qui vont au-delà de la chambre elle-même. Les coûts de lancement et des consommables seraient considérablement réduits, ce qui donnerait à l'agence spatiale un budget plus important à utiliser pour améliorer d'autres choses, comme la sécurité. Quand tout votre équipage est inerte, il n'y a pas à ce soucier de la cuisine, des exercices physiques, de tous les divertissements normalement nécessaires pour garder quelqu'un en vie dans l'espace de façon saine. Et si vous croyez les divertissements inutiles, imaginez-vous être en route pour Mars pendant des mois sans une seule série TV !

Les futures missions sur Mars pourraient être beaucoup plus efficaces grâce à l'avancement de cette technologie jugée autrefois impossible. La NASA sait envoyer des modules, l'un après l'autre, sur la planète rouge. Mais c'est véritablement le facteur humain qui rend une mission habitée beaucoup plus compliquée : « Chaque fois que vous introduisez des humains [à une mission], c'est deux foix plus difficile », déclare le Dr Bobby Braun, ancien responsable technique de la NASA.

Mais la science ne maîtrisera  probablement pas cet état de vie en suspension avant les années 2030, et les premiers équipages vers Mars pourraient bien avant devoir contempler jour après jour l'immensité étoilée par la fenêtre pour passer le temps.

Au moins, on pourra leur installer le wifi.

 

Image : Edwin « Buzz » Aldrin, pilote du module lunaire, mission Apollo 11, 1969 / CC0 Public Domain / NASA Project Apollo Archive / Flickr
Source : Elizabeth Rayne pour SYFY, traduction de l'Américain.


Tags: Nasa   science-fiction  


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