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Larry Franco : non, je ne changerais rien

Il a produit de nombreux classiques du cinéma Fantastique ; Interview du producteur Larry Franco.

Larry Franco

Auteur: P.H Koln


À bientôt 70 ans, Larry Franco est un de ces producteurs de légende qui ne travaille plus que par envie. Il a produit des films de John Carpenter, Joe Johnston, Tim Burton, Christopher Nolan, Roland Emmerich et beaucoup d'autres encore. Citons New York 1997, The Thing, Christine, The Rocketeer, Batman Le défi, Jumanji, Mars Attacks!, Sleepy Hollow, Jurassic Park 3, Hulk, Batman Begins...

Alors que sort Casse-Noisette et les Quatre Royaumes (The Nutcracker and the Four Realms), le 28 novembre, un film d'animation Disney réalisé par son ami Joe Johnston, Larry Franco nous accorde une interview lors du dernier Comic Con Paris.

Casse-Noisette

Votre prochaine production, Casse-Noisette et les Quatre Royaumes sort le 28 novembre en France. Que pouvez-vous dire du film en quelques mots ?

C'est un film surprenant. Un film de Noël, je ne crois pas que les gens s'attendaient à ça, mais ça l'est. Il sort le 2 novembre aux États-Unis et je suis surpris qu'il sorte plus tard ici. Il sera suivi par Mary Poppins pour les fêtes, qui sera un énorme, énorme, film. Casse-Noisette porte la marque de Disney, ce qui est important. La diversité, l'empowerment féminin... Toutes ces choses sont chez Disney ; Mais aussi tout ce qui tient du cœur, de Noël, de l'amour... Vous ressortez du film avec un grand sourire.

Pour le film vous retrouvez le réalisateur Joe Johnston. Comment furent les retrouvailles ?

Joe et moi sommes amis, on s'envoie des messages, on s'appelle... Je ne l'avais pas vu depuis longtemps, depuis qu'on avait travaillé sur le reboot de Narnia. Joe et moi étions dessus quand Casse Noisette est arrivé et je lui ai dit « Hey Joe, faisons le ensemble, à nouveau, ça va être fun ! ». Et ça l'a été.

Carrière

Si c'était à refaire, y a t-il un film que vous produiriez différemment ?

Non. Je mets tous mes œufs dans le panier du réalisateur. J'aide à mettre sa vision à l'écran. On a toujours travaillé avec beaucoup de cœur et d'amour. Non, je ne changerais rien.

Y a t-il un film que vous auriez bien aimé produire ?

Oui, un film qui s'appelle « Endurance » sur l'expédition Shackleton en 1915, qui échoue à traverser l'Antarctique. C'est probablement la plus grande des Survival Stories. Elle a été racontée en film TV, j'ai la vision d'un film à la David Lean, lointain, immense et avec beaucoup d'aventures. J'ai toujours voulu le faire.

Comics

Nous sommes au Comic Con, vous avez produit des films comme Batman, Rocketeer, Hulk... Les comics sont ils une source parfaite pour faire un film ?

Ça a toujours été le cas, en fait. Question de prévisualisation. C'est comme un storyboard. Et spécialement pour Joe [Johnston] qui a été storyboarder. Ça le frustrait de dessiner tous ces storyboards, d'avoir à les corriger etc... En fait tout film et pas seulement les films tirés de comics,  commencent avec le storyboard. Pour avoir l'idée générale, pour être capable d'exprimer à l'équipe ce que le réalisateur veut vraiment, car il est difficile de faire ça simplement.

Pourquoi les Américains sont-ils si friands de super-héros ?

Je ne sais pas, je dirais que c'est un rêve, un fantasme, comme chacun en a. Les américains ont l'esprit jeune, ils ont cette idée de « déployer ses ailes ». (..) Et en Amérique vous grandissez avec l'idée que « vous êtes le plus grand » et que « vous allez le faire ». C'est toute une attitude.

Horreur

Vous avez également produit The Thing, Christine, Le Prince des ténèbres etc pour John Carpenter. Les temps changent-ils pour les films d'horreur ?

Non je ne crois pas. Il y a toujours des gens —pas tout le monde bien sûr— qui aiment ce genre de tension. Regardez « Sans un bruit  », c'est un grand film d'Horreur. Il y en aura toujours. Certains sont plus célèbres et quand c'est un John Carpenter, il durent. John aime ça encore plus que moi.

Y a t-il une lutte en Amérique entre les films classés adulte (R) et ceux tous publics (PG13) ?

Oui. C'est toujours le cas. À cause de la différence de bénéfices possibles entre un film R et un PG13. Je pense que ça se dilue un peu, car plus de parents pensent « ce n'est pas grave si mon gamin voit des film sanglants ». Ça dépend.

Surtout, les différences sont : en 1/ le langage, en 2/ la nudité et en 3/ la violence. Violence que l'on peut faire baisser considérablement en atténuant la couleur du sang et les sons, ou en couvrant le craquement des os avec la musique ! Vous pouvez vraiment transformer une scène R en PG13, pas toujours facilement, mais ça peut être fait. Il y a beaucoup de ça en ce moment. Parce que les dollars suivent.

En 1982 l'échec en salle du classique The Thing vous a t-il marqué comme à John Carpenter ?

Oui ! Je me souviens surtout quand ils nous ont dit à John et moi « nous réalisons les obligations que nous avons envers vous deux, mais nous avons décidé de ne plus continuer le film ». Silence de mort. On est sorti dans un silence de mort. On a pris l'ascenseur dans un silence de mort. On marché 10 minutes jusqu'à nos propres bureaux dans un silence de mort. On est chacun entré dans notre bureau et il a fallu attendre 20 minutes avant qu'on se dise « Mais wtf que s'est-il passé ? »

Ça a affecté John plus que moi. Il était vraiment très blessé. Et après on a fait Charlie (Firestarter)

Et après ?

De nouveaux projets ?

Non, je suis de ceux qui peuvent choisir leurs projets et ne rien faire entre. Mais il y a toujours un coup de fil ! On peut m'appeler et c'est parti, je ne me suis jamais vraiment retiré. Il y a quelques mois, sur un coup de fil, je suis parti 8 semaines à Hawaï... C'est génial !

 

Image © SYFY 2018


Tags: Larry Franco   Comic Con Paris 2018   Joe Johnston   John Carpenter   Casse-Noisette et les Quatre Royaumes  


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