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Pourrons-nous mettre à jour l'ADN humain dans le futur ?

Génies ou savants fous ?

Bases nucléiques du génôme C,G, A,T qui tendent a former GATTACA.

Auteur: Elizabeth Rayne


Alors que l'on imagine mal revêtir une cape et voler vers la Lune à la manière des super-héros des comics (et les franchises de films de milliards de dollars qu'elles engendrent), un scientifique pense que notre ADN peut avoir des super-pouvoirs, et qui ne sont pas simplement gonfler ses biceps ou prendre son envol.

Le Dr George Church est professeur à Harvard et généticien, et il a dressé une liste des mutations génétiques et des possibilités d'altération du génome qui pourraient prolonger notre vie et inverser les ravages de l'âge et de la maladie. Un simple coup d'œil sur sa feuille de calcul donne le tournis.

Pirater des gènes humains appartient encore au futur, comme le prouve le scandale de la technologie CRISPR utilisée par le chercheur chinois He Jiankui pour provoquer la naissance de jumelles in utero. Un cas unanimement réprouvé y compris en Chine. Mais le Dr. Church envisage avec attention les possibilités d’un tel avenir, où l’édition de gènes devient plus sûre et est soumise à des contrôles éthiques.

Que signifie « surhumain » pour quelqu'un dont le travail pourrait ne pas nous rendre invincibles mais un peu moins vulnérables ? Réponse du Dr. Church :

On peut définir le sur-humain ou le transhumain comme une capacité pour les humains modernes qui serait difficile à concevoir par nos ancêtres (ou même à la comprendre), déclare t-il à SYFY Wire. Cela pourrait inclure : (a) la capacté à voir et construire des nano-objets, (b) faire le tour du monde en 90 minutes et aller sur la Lune, (c) être capable de voir toutes les longueurs d'onde, des ondes gamma aux ondes radio, (d) avoir de grandes quantités d'informations dans nos poches, y compris des films, des capacités accrues de navigation ou de communication.

Sauf que nous pouvons déjà atteindre ces objectifs avec des outils comme les microscopes électroniques, les stations spatiales et beaucoup d'autres inventions incroyables surgies du cerveau humain — et ça, le Dr. Church en est conscient.

Nous avons déjà tout cela, et la plupart de ces techniques seraient difficiles à réaliser par des changements génétique. Ce qui tient des gènes semble faible en comparaison : (e) la résistance à quelques maladies infectieuses persistantes, comme les cancer, à la sénescence, aux radiations, ou la faible gravité.

Selon le Dr. Church, l’humanité devrait pouvoir disposer de technologies à faible coût et à faible complexité qui renforcent des caractéristiques telles que l’immunité et la durée de vie.
Il ne s'agit pas d'avoir une vision en rayons X ou de se transformer en Wolverine. Il s'agit d'activer une mutation génétique qui pourrait changer la vie d'une personne atteinte d'une maladie génétique, même avec quelques conséquences négatives. La mutation qui augmente la densité osseuse nous rendrait également moins flottant dans l'eau. Mais la capacité de flotter dans une piscine aurait probablement moins d’importance pour une personne atteinte de maladie des os fragiles, résultat d'une ostéogenèse imparfaite.

Notre résistance mondiale à la variole (via son extinction intentionnelle dans la nature) est un exemple d'amélioration, disponible gratuitement pour 7,7 milliards d’entre nous, et qui ne nécessite pas d’instructions spéciales. Prolonger le nombre d'années de vie en bonne santé pour tous ceux qui le souhaitent, via des thérapies anti-vieillissement, pourrait en être un autre exemple.

Si de tels procédés deviennent réellement sûrs pour les individus, on peut se demander si cela nous mènera vers Le Meilleur des mondes ou Gattaca, où le rang de chacun dans la société est déterminé par le degré d'amélioration génétique qu'on peut s'offrir. Le Dr George Church n'y croit pas :

Il nous appartient de veiller à ce que l'objectif d'une distribution équitable soit atteint le plus tôt possible pour chaque nouvelle technologie, répond-t-il.

Mon équipe a contribué à réduire le coût de la lecture de génomes humains entiers de 10 millions de fois (tout en améliorant la qualité), et a commencé à les rendre disponibles gratuitement. Des objectifs similaires devraient être réalisés pour de nombreuses autres biotechnologies, puisque beaucoup travaillent à de très petites échelles et que la croissance biologique (dans la nature) est intrinsèquement presque gratuite et hautement évolutive.

Ça vaudrait presque le coup d'inventer le voyage dans le temps pour voir tout ça.

 

Source : Elizabeth Rayne pour SYFY. Traduit et adapté de l'Américain.
Image :  CC BY 2.0 / Auteurs : Natasha de Vere & Col Ford (living in Wales) / Via Flickr 


Tags: Science  


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