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Underwater : sous l’eau personne ne vous entend crier !

Sortie en salles discrète pour ce thriller sous-marin qui manie à la fois le déjà-vu et de jolis morceaux de bravoure. Surtout, sa méga star Kristen Stewart saura-t-elle rebondir après l’échec au box-office de Charlie’s Angels ?

Auteur: Jean-Pierre Michalon


Paie ton abysse

Underwater joue plutôt bien avec ses deux principaux moteurs narratifs : l’extraordinaire pression de l’eau à dix kilomètres de profondeur et les créatures qui vont bientôt pourchasser les héros. Le film démarre même de façon étonnante. Là où la plupart des films « survival horror » privilégient une mise en place sereine avant l’arrivée progressive d’un péril, Underwater débute par une catastrophe, possiblement un tremblement de terre qui dévaste une station de forage nichée au fond d’une abysse. Dès les cinq premières minutes, une simple technicienne, incarnée par une Kristen Stewart affutée, doit lutter pour échapper dans la panique à une violente dépressurisation.

Une fois cette ouverture de pur film catastrophe actée, un petit groupe de survivants hétéroclites échafaude un plan audacieux pour s’échapper de ce piège des profondeurs : rejoindre à pieds, à l’aide de scaphandres high-tech, une station voisine…

 

Vulgaire copycat ? Pas du tout !

Il ne faut pas se voiler la face, Underwater n’échappera pas aux comparaisons avec des modèles tellement illustres qu’il n’y aura jamais match. Si le film lorgne courageusement en direction de Alien de Ridley Scott, Abyss de James Cameron ou encore Pitch Black de David Twohy, il lui semble impossible de s’en démarquer. La performance et le look de Kristen Stewart, trop souvent dénudée pour être tout à fait honnête, feront irrémédiablement penser à Helen Ripley et plus encore au personnage de Sandra Bullock dans Gravity. Résumer cependant Underwater à un rejeton insipide ces classiques indétrônables ne serait pas lui rendre justice.

Pour commencer, ce projet s’inscrit dans une catégorie de films de genre, à moyen budget, qui n’existent quasiment plus. Pas assez fastueux pour être qualifié de blockbuster, suffisamment généreux pour magnifier ce qui demeure un solide scénario de série B. Les décors, les designs des scaphandres et des créatures en particulier, ou la photo du mésestimé chef opérateur Bojan Bazelli font mouche. Les personnages, même si stéréotypés, sont servis par un casting bien équilibré : un officier déterminé (Vincent Cassel), le boute-en-train T.J. Miller (Weasel dans Deadpool 1 et 2), la fille fragile qui se découvre des ressources insoupçonnées (Jessica Hennwick, Colleen Wing dans Iron Fist) ou, bien sûr, la battante torturée par son passée (Kristen Stewart donc).

Underwater aurait juste pu rester ce « survival horror » au mieux efficace, humble et sympathique, s’il n’arrivait pas à emporter clairement le morceau grâce à un dénouement spectaculaire et inattendu. Et par son ton désespéré et par sa teneur fantastique et mythologique, la fin d’Underwater devrait laisser plus d’un fan de H.P. Lovecraft les yeux écarquillés et la mâchoire au sol...


Tags: Underwater   Kristen Stewart   Alien   Abyss   TJ Miller   Jessica Hennwick   survival horror  


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