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Watchmen dévoile son message masqué !

En neuf semaines, la série télévisée Watchmen made in HBO a su créer l’événement. Dans l’ultime épisode, Damon Lindelof et son équipe de scénaristes réfléchissent à voix haute sur une problématique de la culture populaire actuelle, de Star Wars à Ghostbusters. Décodage.

Auteur: Xavier Fournier


Dans l'ombre d'un monument

En 1986, Alan Moore (scénariste de V For Vendetta) et Dave Gibbons (dessinateur de Kingsman) créent une référence-phare des comics, une mise en échec du modèle super-héroïque. Il y a un avant et un après Watchmen, toute une génération d’auteurs. Or, Alan Moore n’a jamais récupéré les droits de ses personnages. S’estimant floué, il refuse désormais d’entendre parler de cette œuvre ou de ses dérivés, à commencer par le film Watchmen (2009) de Zack Snyder et plusieurs comics parus depuis tels que Before Watchmen (2012) ou Doomsday Clock (2017-2019). Au moment d’adapter Watchmen pour HBO (et OCS en France), Damon Lindelof (scénariste de Lost, The Leftovers) allait jusqu’à de se fendre d’une lettre ouverte à Moore, tout en sachant que l’auteur ne daignerait pas la lire. D’où cette problématique : peut-on être fidèle à quelqu’un qui estime qu’on le trahit ?

L'héritage d'Ozymandias

En mettant au centre du débat l’émeute raciale de Tulsa de 1921 (héritage que l’Amérique n’a toujours pas digéré) Lindelof a d’emblée gagné une partie de son pari. Tout, dans Watchmen, est affaire de transmission, même le fait qu’Angela élève des enfants qu’elle n’a pas conçus... La fin de Watchmen, diffusée cette semaine, contient une dernière réflexion sur ce thème. Un grand génie, qui vient de passer quelques années de réclusion dans un manoir d’apparence européenne, découvre qu’il s’est fait voler sa semence et refuse de reconnaître sa descendance. Impossible de ne pas comprendre qu’Ozymandias (interprété par Jeremy Irons) est l’avatar d’Alan Moore. Faudrait-il pour autant voir dans Lady Trieu, une représentation des auteurs de la série télé ? Non, car finalement les scénaristes lui réservent un sort bien peu enviable. Succéder, ce n’est pas imiter, sous peine d’être condamné à l’échec.

Suivre n'est pas jouer

Watchmen démontre qu’en faisant des suites (ce qui est souvent le cas de nos jours, qu’on parle de Star Wars, James Bond ou d’autres licences) il est possible d’être ambitieux. L’important n’est pas de singer les apparences mais bien de viser la pertinence.

Photos : © 2019 HBO. All Rights Reserved


Tags: Watchmen   Alan Moore   HBO   Damon Lindelof  


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